Le Carnet de Maurine - Une aventure guidée par la curiosité...

24 juillet 2016

Bouillon de queues de boeuf #challengeLireManger

Bouillon de queues de boeuf #challengeLireManger

Elle ouvrit la porte pour sortir au moment où John arrivait pour sa consultation. Il la retint dans ses bras juste à temps pour l'empêcher de tomber. cette chaude étreinte suffit à réconforter l'âme de Tita qui commençait à douter : où était le véritable amour ? Dans la sensation de paix et de sécurité qu'elle éprouvait auprès de John, ou dans l'angoisse et la souffrance près de Pedro ?

Chocolat amer, Laura Esquivel

Mais que s'est-il passé le mois dernier ?

... Eh bien c'était la préparation des allumettes. Des allumettes pour faire du feu, de vraies allumettes quoi ! Une recette qui ne passe pas les portiques de sécurité des aéroports si vous voulez mon avis...

Je crois que depuis le début du livre, c'est de loin un des plus beaux chapitres. Je vous ai sélectionné ce magnifique extrait. Régalez-vous les yeux, après on passe aux papilles...
« Nous possédons en nous-mêmes les éléments nécessaires pour produire du phosphore. Ma grand-mère avait à ce sujet une théorie très intéressante : elle disait que nous naissons tous avec une boîte d'allumettes en nous, mais que nous ne pouvons pas les allumer seuls : nous avons besoin d'oxygène, comme dans l'expérience que nous venons de faire, et d'une chandelle. L'oxygène provient, par exemple, de l'haleine de la personne aimée ; la chandelle peut être n'importe quoi : un aliment, de la musique, une caresse, une parole ou un son. C'est le déclencheur. L'allumette s'enflamme et, l'espace d'un instant, nous sommes éblouis. Il se produit en nous une agréable chaleur qui disparaît peu à peu, au fil du temps, jusqu'à ce qu'une nouvelle explosion vienne la raviver. Chacun a ses propres détonateurs qu'il doit découvrir. La combustion qu'ils entraînent procure de l'énergie à l'âme : en d'autres termes, cette combustion est la nourriture de l'âme. Si l'on ne découvre pas à temps ses détonateurs, la boîte d'allumettes s'humidifie et nous ne pourrons plus jamais enflammer la moindre allumette.
L'âme alors fuit le corps, erre dans les ténèbres plus profondes, cherchant vainement un aliment que seul ce corps qu'elle a abandonné, désarmé, transi de froid, pourrait lui fournir."
Comme c'était vrai! Elle le savait mieux que personne. Ses propres allumettes étaient humides et moisies, et personne ne parviendrait à les allumer.
Le plus désolant, c'était qu'elle connaissait ses détonateurs. Mais chaque fois qu'elle avait enflammé une allumette, quelqu'un avait soufflé dessus.
John semblait lire dans ses pensées :
-- Il faut rester à l'écart des personnes ayant une haleine glacée : leur seule présence éteint le feu le plus intense. Plus nous mettons de distance enter elles et nous, plus il nous sera facile de nous en protéger.
Prenant une des mains de Tita, il ajouta avec véhémence :
-- Il y a bien des façons de faire sécher une boîte d'allumettes humides.
Quelques larmes coulèrent sur le visage de Tita."

Et ce mois-ci, on mange quoi ?

Un délice mes amis. Un dé-li-ce !
Une recette qui demande un peu de temps mais qui est globalement simplissime. Une recette que je vais garder précieusement car je pense qu'elle sera une base pour de délicieuse déclinaison de soupe... mon vente gargouille déjà !

Voici ce qu'en dit le livre... plutôt approximatif n'est-ce-pas ?

Bouillon de queues de boeuf
Ingrédients
- 2 queues de boeuf
- 1 oignon
- 2 gousses d'ail
- 4 tomates
- 250 g de haricots verts
- 2 pommes de terre
- 4 piments "moritas"
Coupez les queues de boeuf en morceaux et mettez-les à cuire avec un oignon, une gousse d'ail, du sel et du poivre. Il faut un peu plus d'eau que pour le pot-au-feu : le bouillon doit être liquide - mais pas trop.
D'abord, hachez menu l'oignon et l'ail et mettez-les à frire dans un peu d'huile ; quand ils ont réduit, ajoutez les pommes de terre, les haricots verts et la tomate coupée en petits morceaux jusqu'à ce qu'ils soient bien cuits.
Quand vous versez le bouillon, ne laissez pas bouillir les ingrédients plus d'une demi-heure. Retirez aussitôt du feu et servez bien chaud.

Notre version

Je me suis adjoint les compétences de mon cuisinier préféré : mon cher papa. 
Voici nos étapes de préparation :
  1. Braiser les queues de bœufs de tous les côtés
  2. Cuire pendant 2 heures à feu doux avec un oignon, deux gousses d'ail, trois feuilles de sauges, deux feuilles de laurier, une carotte et un bâton de citronnelle. C'est prêt quand la viande est tendre.
  3. Puis, dans une autre casserole, faire revenir les oignons coupés en petits morceaux, puis ajouter l'ail. Viennent ensuite les pommes de terres ainsi que les tomates coupées en cube, et pour finir les petits pois (nous n'avions pas de haricots verts). C'est prêt quand les pommes de terres sont cuites, un poil fermes.
  4. Quelques minutes avant de passer à table, mélanger les deux préparations. Amener à ébullition. Servir. MIAM !
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La prochaine fois, on fait quoi de mieux ?

On dégraisse simplement un peu plus les queues de boeuf. C'est tout, la recette est parfaite sinon ! On n'oublie pas l'ingrédient principal : un bon Papa, c'est essentiel... :)
Bon, et à suivre : Champandongo... ce nom éveille toutes sortes de choses indéfinissables dans mon imaginaire.... 

18 juillet 2016

Ruptures et chagrins d'amour

Ruptures et chagrins d'amour

Cela ne vous rendra pas plus intelligente mais c'est plus agréable pour ceux qui vous regardent.
Laissez-vous envahir par cette petite fragilité qui va embellir votre visage.
Un sourire. Un sourire
C'est une douceur a fleur de peau une tendresse, presque un état d'âme.*
[Armande à Nikita, dans Nikita de Luc Besson]

Des fois les choses ne se passent pas comme prévues. Des fois, on aurait aimé qu'elles se poursuivent, suspendre un moment quelque part dans notre histoire et l'étirer autant que possible en longueur, on souhaiterait pouvoir rester suspendu au bout de ce fil que l'on voit s'amincir chaque seconde un peu plus. Abrupte retour à la réalité. Larmes. Sentir son coeur exploser. Se demander comment en recoller les morceaux. Douter que cela ne soit possible. Ne plus avoir de certitudes, se rouler dans la couverture moelleuse de l'espoir que demain tout redevienne comme avant. Comme avant quoi ? Cette brisure que l'on sentait venir inexorablement vers nous ? Non, encore un peu avant. S'agacer. Revenir à ce sourire, revenir à son regard dans lequel on se sentait vibrer à l'unisson de l'univers. Soupirer. Sentir son coeur lourd. Tellement. Lourd. Réinventer le mythe de Sysiphe où chaque journée semble être une impossible ascension du Mont Blanc. Rouler. Pousser. Tirer son chagrin, ébétée son poids. Craquer. Renoncer. Ne pas pouvoir ne pas remarquer le non-sens de cette vie. Tituber. Tout recommencer demain. Pour quoi faire ? Recommencer quand même car c'est la seule chose que l'on semble capable de faire à peu près bien. Manquer d'air. Ployer. Sous le poids du chagrin, entre deux couches de larmes, sous trois piles de coussins. S'endormir. Enfin. Soulagement. Pour combien de temps ?

Ah les chagrins d'amour... Un peu la traversée du désert, et pourtant, à leurs façons, particulièrement cruelles, certes, ne sont-ils pas les ultimes témoins d'une très belle histoire ? Qui a dit qu'une aventure n'avait de sens que si sa fin collait aux fameux "ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants" ? Je trouve qu'il faut du courage pour se séparer. Je trouve que dans le chagrin il y a une certaine transcendance de sa condition humaine, quelque chose qui touche à la profonde et sourde respiration de la vie.

Si je vous parle de cela aujourd'hui, c'est qu'avec les ami(e)s on est rarement d'accord sur la façon dont une rupture devrait avoir lieu. Même si je pense que chaque histoire a ses particularités, j'aurais voulu tomber sur cette vidéo en tant que "jeune moi". ça aurait plus simple je crois, et puis si je pouvais lui dire quelque chose à ce "jeune moi", je lui rappellerais que "tout s'arrange, même mal". Je sais qu'elle se serait retourné les neurones sur le sens de cette expression, sans doute même qu'elle m'en aurait voulu de dire des conneries pareilles et je lui aurais alors glissé paisiblement que j'ai confiance en elle pour nous deux, qu'elle trouvera et que toute illumination commence avec un sourire, même un timide sourire sur un visage triste.





Si le chagrin d'amour devait avoir une bande son ce serait : Koop - Koop Island Blues. Cette chanson me tord les entrailles. Vous voilà prévenus.




(*) C'était déjà la citation de mon article sur le sourire... Ah Nikita...

PS : Je trouve qu'il est quand même beaucoup plus facile d'aborder ce sujet avec un merveilleux temps dehors... sinon ça mine un peu... j'ai pas encore le talent de la "saudade"...

PS 2 : Chagrin d'amour, ça me fait penser aussi à tous les bonheurs qu'il y a à aimer de cette chorégraphie d'une beauté à s'étourdir aux délices du spleen (un portugais d'ailleurs... coïncidence ?) aux langages de l'amour...

10 juillet 2016

Tenir les opposés jusqu'au bout de ses rêves

Tenir les opposés jusqu'au bout de ses rêves
Great Exuma Island aux Bahamas, vue du ciel


Je vous présente avec un immense plaisir Dominique Proust qui n'est rien d'autre qu'astrophysicien, organiste (donne des concerts d'Orgue) et interprète Français - Langue des Signes ainsi que vulgarisateur de l'Espace pour les sourds et muets.
Oui rien que ça ! Et ce qui m'a attiré l'attention n'est pas tant son profil extraordinaire mais davantage la volonté de l'entendre raconter les liens qu'il voit entre les étoiles, la musique, son instrument, les silences, la poésie de Langue des Signes et l'Espace.

Attention, ce n'est pas une interview particulièrement transcendantale en elle-même. En fait c'est le coup classique de l'objet culturel qui se fraie un chemin en nous en mode lame de fond provoquant un changement profond mais peu visible depuis la surface. C'est quand j'ai pris conscience que j'avais ressorti cette histoire à toutes les personnes avec qui j'ai pu échanger un verre de cidre ces dernières semaines que je me suis dit qu'il y avait galaxie sous baleine.

Ce qui m'a tant marquée ? Cette capacité incroyable à pouvoir aller systématiquement au bout de chacun de ses projets : nan mais quand même, d'astrophysicien à organiste à interprète de la Langue des Signes à médiateur de l'espace pour les sourds et muets !

Aller au bout de soi, au bout de ses projets, au bout de ses capacités... aller au fond des choses aussi vaste et immense que puisse être la tâche. Je trouve cela très admirable. Cette capacité aussi "à tenir les opposés", c'est parfaitement relatif deux opposés, pourtant je pense que c'est ce qui est communément perçu entre les sciences dures et la musique ainsi que les langues. Dominique Proust l'a fait lui : il a même écrit un Dictionnaire Encyclopédique de l'Astronomie pour la Langue des Signes afin de pouvoir rendre l'Espace accessible à tous (ce qui a quand même supposé de créer des signes car de nombreuses planètes n'avaient pas de noms)... nan mais franchement... il donne des conférences en LSE et des concerts d'Orgue..

Je suis bluffée.

C'est non seulement un magnifique contre-exemple de procrastination mais surtout, surtout je trouve que c'est un fantastique exemple que l'on fait son destin. On ne finit pas astrophysicien, organiste ou interprète de la LSE par chance, on le devient. Truculente incarnation du phénomène de rap urbain #YOLO (You Only Live Once) finalement...

Tenir les opposés jusqu'au bout de ses rêves

Émission France Inter à écouter ici !

PS : En fait, c'est quoi un déclic ? Et puis, un peu, beaucoup de poésie en bord de mer...