Lorsque la solitude ouvre les portes de la pensée

Lorsque la solitude ouvre les portes de la pensée

C'est devenu une habitude, une forme de routine maintenant. Etre au bon endroit au bon moment pour soulever le rideau de la coïncidence et s'abreuver des mots, des regards, des notes, du silence... de la scène qui nous est donnée d'observer.

La dernière en date, je la dois à Chen Pi-Hsien, pianiste née à Taïwan et partie approfondir très jeune, son art en Allemagne. Je promets de me souvenir que la musique, c'est comme une langue, des syllabes, des accents, un jeu de silences ; le tout, reflet d'une culture. Je promets que la prochaine fois que la solitude semblera être encore une punition, je laisserais glisser l'orage pour saisir l'opportunité de me remettre à l'ouvrage et créer peut-être un nouveau lien, deux si je suis en veine ce jour-là, sur le métier à tisser du "moi".


Chen Pi-Hsien, Pianiste
"J'étais un des rares enfants à jouer du piano à Taïwan. Ma professeure était la femme du médecin de Chiang Kaï-chek, elle m'a dit qu'elle ne pouvait plus rien m'apprendre et que je devrais continuer mes études à l'étranger. 
L'Allemagne était mon 1er choix, bien évidemment, puisque Mozart, Beethoven, Schumann, Bach... venaient tous de là, et que la musique est très liée à la langue. En allemand, les syllabes sont plus accentuées, les mots plus articulés, ces liaisons que nous faisons chez nous n'existent pas, et cela s'entend dans la musique aussi.
Ce qui m'a le plus frappée en Allemagne, c'était que l'on fermait les portes. A Taïwan on vivait dans des maisons à la japonaises, tout le monde gardait les portes ouvertes, j'entendais tout ce que faisait mes voisins. Les portes fermées dans les maisons allemandes, pour moi, c'était comme une prison. 
Mais en réalité on a besoin de solitude pour comprendre certaines choses plus profondes. L'isolement vous permet de réfléchir sur vous-même. Pas le collectif. Pas les portes toujours ouvertes. 
C'est en Allemagne que j'ai appris à dire 'je' et à être seule."
Extrait de Taïwan, L'île aux 1000 violons, Arte


PS : La synchronicité veut que je sois en train d'apprendre l'Allemand, drôle de coïncidence ! / Article à mettre en lien avec la puissance du collectif dans lequel chaque "je" se transcende... et chante le sacré.

(Crédit Photo : Happenstance.ch, un bateau de la CGN sur la lac Léman)

2 commentaires:

  1. Billy Saunders30 mars 2015 à 19:23

    La photo est de toi? J'aime beaucoup

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  2. Yep, il est beau mon lac hein ? Même en colère ;)

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